Le RéEL : un réseau d’entreprises qui dynamise le Nord du Lot

De gauche à droite : Valérie Choblet-Legoff, membre du RéEL, Séverine Moussours, Vice-Présidente, Loïc Deschepper, Président

Créé en 2019 à Saint-Céré par un petit groupe d’entreprises, le Réseau des entreprises lotoises (RéEL), fort de 21 membres, fait aujourd’hui partie intégrante du paysage économique du Nord du Lot.

Loïc Deschepper, Président de l’association et dirigeant d’Ipsys Informatique, Séverine Moussours, vice-Présidente et fondatrice de SMoussours Coaching et Valérie Choblet Legoff, membre de l’association et avocate à Souillac et Saint-Céré, témoignent à trois voix de la naissance du réseau et de son dynamisme aujourd’hui.

Comment est né le club d’entreprises RéEL ?

Loïc : à la base, il ne s’appelait pas RéEL. C’était un club d’entreprises orienté purement business, un BNI (NDLR : le Business Network International est un réseau d’affaires, existant au niveau international et constitué de groupes locaux). Très rapidement, nous nous sommes rendu compte que ça n’allait pas nous suffire, que le mode de fonctionnement ne nous convenait pas, nous avions besoin de plus de partage, de convivialité, d’échanges. Nous nous sommes mis en quête de créer notre propre association, avec nos propres règles et nos propres valeurs. Pendant 6 mois, nous avons travaillé régulièrement et collégialement, réfléchi à comment nous voyions ce club, comment le monter, et nous avons démarré le 1er janvier 2019.

Valérie : pour les statuts, ça a été en effet très collégial, nous étions prés de 20 autour de la table. Le mode de fonctionnement devait être différent de ce qu’il avait été auparavant. Ce travail a permis d’aligner les valeurs de tout le monde. Nous avions envie de découvrir des entreprises du territoire, de nous retrouver, de partager nos questionnements et nos expériences.

Quel est le rôle de votre réseau ?

Séverine : le RéEL repose sur des valeurs de convivialité et de solidarité, que je vois comme le soutien aux autres et la proactivité. L’objet de l’association est de développer un réseau local d’entrepreneurs. Les réunions sont des occasions de se parler, d’écouter, de trouver des solutions avec ses pairs…

Valérie : oui, c’est vraiment la solidarité qui prime. Au moment du Covid, nous étions tous paralysés dans nos activités, nous n’étions pas du tout dans un moteur à faire du business. Les moments en visio étaient importants , nous les avons d’ailleurs programmés toutes les semaines plutôt que tous les quinze jours, c’était vraiment un rendez-vous primordial où chacun pouvait s’exprimer, dire ses inquiétudes, mais aussi ses solutions.

Loïc : ça a été une entraide entre nous tous, nous échangions sur différentes informations, comme notamment :  » l’Etat a sorti le PGE, comment fait-on ?  » Cela nous a permis aussi d’obtenir du gel et des masques. Et de consolider ce qui existait, nous avons vu que nous étions hyper résilients tous ensemble. Il y a beaucoup de bienveillance dans ce groupe.

Quelles structures peuvent adhérer au Réel ?

Séverine : il est ouvert à tous. Le prérequis est de représenter un métier qui n’est pas dans le Réel. Néanmoins, il est important de répondre aux valeurs du RéEL, à cette notion de soutien, de collaboratif, avoir une écoute attentive aux problèmes des uns et des autres.

Aujourd’hui, nous sommes 21. Nous avons un turn-over de 20%, avec de nouvelles entreprises qui entrent et d’autres qui sortent, donc c’est assez stable.

Loïc : la première chose, pour avoir une liberté de parole, c’est de ne pas avoir 2 professions identiques, sauf si celle représentée est d’accord. Au-delà de ça, nous nous apercevons que l’esprit des personnes entrant dans l’association est très important, et qu’elles doivent partager les valeurs du RéEL.

Valérie : il est important de préciser que nous essayons d’avoir une parité, que nous avons au moins au Bureau. Pour une entreprise, il y a la possibilité de créer un binôme en fonction des disponibilités de chacun.

Et comment se passe une réunion ?

Loïc : nous organisons des réunions bimensuelles. Nous nous retrouvons à 19h15 au restaurant Le Bacchus, qui est adhérant du RéEL. Nous commençons par donner des informations sur l’association, puis chaque membre transmet des infos commerciales, 2 minutes par personne, ce peut être une présentation de produit, une actualité, etc… Puis il y a un focus sur un sujet spécifique, ce peut être une thématique donnée ou un(e) invité(e) présentant sa société. Nous dînons ensuite tous ensemble.

Séverine : nous organisons aussi des afterworks, environ tous les deux mois. Un des membres nous invite dans son entreprise pour visiter les locaux et nous présenter sa structure. Et des soirées de convivialité.

Vous avez tous les 3 intégré le Réel à des moments différents, quelles ont été vos motivations individuelles ?

Loic : pour ma part, il est vraiment important d’avoir ce cercle d’entrepreneurs amis avec qui l’on peut échanger autour de la problématique de l’entreprise. Je ne suis pas venu pour la partie business, le RéEL m’amène tellement autre chose : se constituer ce noyau dur, partager nos expériences, faire éviter aux membres tellement d’erreurs. Je me dis :  » mais pourquoi on ne l’a pas créé avant ce réseau ?  » On ne se rend pas compte à quel point nous sommes isolés, surtout en milieu rural.

Valérie : historiquement, je suis entrée dans le BNI parce que j’avais ouvert ce cabinet secondaire à Saint-Céré. Je ne connaissais pas le territoire, sur le plan humain et entrepreneurial, c’était une bonne façon de découvrir cet environnement. Après, je suis un peu comme Loïc, je ne cherche pas à enchaîner les dossiers, l’important était bien sûr de me faire connaître, mais j’y trouve beaucoup d’intérêt pour les valeurs qui ont été rappelées. Et comme tu le dis Loïc, il y a un partage d’expériences,  et tout cela se fait avec beaucoup d’humilité. On est dans un climat de confiance.

Séverine: c’est un peu différent de Valérie et Loïc, j’ai intégré le Réel au démarrage de mon activité, et en tant que nouvelle arrivante sur le territoire. Une amie m’a parlé du RéEL, et j’y ai été présentée avant de créer ma boîte. Mon objectif n°1 était de m’intégrer, j’ai changé de vie, de job, ma résidence secondaire est devenue ma résidence principale et j’avais un vrai besoin d’avoir un réseau. Après, évidemment, il y a eu le démarrage de l’activité donc si je peux me faire connaître au niveau business, si on peut me faire confiance, c’est bien. Ça a répondu à mes attentes.

Quel rôle joue le RéEL sur l’économie du territoire et considérez-vous que l’existence d’un tel réseau participe à l’attractivité du territoire ?

Loïc : je pense que oui. Si nous regardons bien, 50 % des adhérents ne sont pas du cru et ce réseau permet de tisser des liens avec les locaux. Et l’interconnaissance que nous créons entre nous permet de faire travailler des entreprises locales.

Séverine : Cela n’est peut-être pas l’attractivité, au sens où l’on attire des personnes extérieures au territoire, mais cela participe à ancrer les gens.

Valérie : dès lors que ça permet à chacun de connaître l’activité des autres, ça contribue au rayonnement de nos entreprises. En plus, dans le cadre de notre activité professionnelle, nous bénéficions de l’expertise des autres membres et donc cela nous fait progresser. Je pense que ce club contribue aussi à notre rayonnement à l’extérieur, de faire vivre la région et de valoriser les entreprises de proximité.

Et des projets à venir ?

Loïc : nous aimerions proposer à nos membres du co-développement et faire venir des experts sur certaines thématiques.

Séverine : assurer la continuité des réunions. Continuer à avoir des moments de convivialité. Tenir la régularité des afterworks, parce que si on ne les stimule pas, ça peut facilement ne pas se passer, car nous sommes tous pris par notre vie professionnelle, personnelle. Bref, continuer d’animer activement le dynamisme de ce beau réseau !

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